Depuis leur entrée dans les conseils municipaux, et tout particulièrement depuis 2001, les élu-es écologistes ont montré qu’ils savaient gérer la ville : intégrer la complexité de la conduite des politiques publiques ; formuler des propositions novatrices à la hauteur des exigences du développement durable urbain ; ne pas perdre de vue, dans le quotidien de la gestion, leurs valeurs de démocratie locale et de co-production permanente avec les acteurs de la cité.
Ainsi, nous avons ces dernières années expérimenté et développé une véritable écologie publique municipale, qu’il nous faut aujourd’hui mieux faire reconnaître.
La rubrique Municipales 2008 s’inscrit dans cette logique : parce qu’aujourd’hui il ne s’agit pas seulement de “savoir-faire”, mais qu’il faut aussi “faire savoir”... Au fil des jours et des articles publiés, vous y trouverez, sous une forme qui se veut claire et lisible, quelques unes des expériences qui ont marqué la période qui se clôt. Ces exemples, qui concernent des villes très différentes et des élu-es qui connaissent des situations variées (dans une majorité, mais aussi parfois dans l’opposition), valent aussi comme des rappels : l’action des élus écologistes ne se résume pas à l’environnement, au sens le plus étroit du terme. Partout où ils sont en responsabilité, les Verts agissent et transforment la façon dont se fait la politique, au plus proche. Champions de la démocratie locale, en pointe sur les questions de transports, d’énergie, d’urbanisme ou de solidarité, ils prouvent aussi qu’ils peuvent modifier en profondeur les politiques sociales, la culture, la gestion de l’eau, l’urbanisme, et même remettre sur pied les services publics... Conçu à la fois comme un document de travail et comme vitrine d’un bilan qui englobe bien d’autres réalisations, il s’adresse aux élu-es écologistes, à celles et ceux qui le deviendront, mais aussi à toute personne qui voudrait en savoir plus sur ce que les Verts ont fait, ces dernières années. Et il y a de quoi.
Alors que l’ensemble du monde politique découvre aujourd’hui le développement durable et l’urgence de la crise environnementale, et à l’heure où certains voudraient se faire apôtres de l’écologie médiatique, il est bon de rappeler que certains nouveaux convertis ont encore du chemin à faire. Nous savons d’autant mieux de quoi nous parlons que avons parfois expérimenté la difficulté de convaincre certains de nos partenaires de gestion municipale de l’intérêt des politiques que nous avancions. Nous avons souvent initié les projets seuls, prenant des chemins de traverse, tenant bon sur nos valeurs et nos idées... Mais à l’heure des bilans, beaucoup semblent vouloir voler au secours de ces victoires. Il s’agit donc aujourd’hui de dire ce que nous avons fait, pour que cela nous soit utile pour l’avenir, mais aussi pour que d’autres ne se l’accaparent pas, le temps d’une campagne. Forts de nos réussites, mais aussi instruits de nos échecs, il nous appartient d’affirmer l’originalité et l’exigence du projet écologiste, nourri d’une expérience de terrain aujourd’hui reconnue.
Fractures sociales urbaines, compétition entre les territoires, gabegie d’espaces et d’énergie, réduction des moyens du service public... Ces évolutions sont inscrites dans les politiques libérales aujourd’hui à l’oeuvre. À nous de montrer et d’affirmer qu’une autre ville est toujours possible. À nous de faire en sorte de le montrer encore, par les actes, dans les années qui viennent.
Ronan DANTEC
Vice-président de la FEE, chargé des éluEs urbains Fédération Des Élu-es










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